Quel est l’avenir du gaz et du mazout comme moyen de chauffage ?

L’Europe entend être complètement neutre en carbone d’ici à 2050. Divers acteurs du marché développent donc des gaz et des mazouts respectueux du climat et neutres en carbone en guise d’alternatives aux combustibles fossiles. Même si vous possédez une chaudière à combustible fossile, vous pourrez bientôt vous chauffer de manière écologique.

Gaz

Biogaz

Le biogaz est produit par la fermentation de déchets organiques, tels que le fumier animal, les cultures, les boues d’évacuation et les déchets ménagers. Ce biogaz peut être utilisé localement dans une centrale de cogénération. On peut également le purifier afin qu’il obtienne la même teneur en méthane que le gaz naturel. Il est ainsi possible de l’injecter dans le réseau de gaz naturel existant et de l’utiliser dans une chaudière au gaz ordinaire. Le biogaz valorise une grande partie des déchets agricoles (y compris les gaz à effet de serre) sous forme d’énergie utile. Un avantage de taille.  Plus d’informations sur le gaz naturel sur https://greengasplatform.be/.

Gaz synthétique ou power-to-gas

Dans le cas du power-to-gas, le surplus d’énergie renouvelable provenant, par exemple, des panneaux photovoltaïques et des éoliennes est converti en méthane synthétique au moyen d’électrolyse et de CO2. Ce méthane peut être injecté dans le réseau de gaz pour servir de combustible ou être utilisé plus tard pour produire à nouveau de l’électricité (via la cogénération). Le réseau de gaz agit en quelque sorte comme une gigantesque batterie. Cliquez ici pour en savoir plus sur le power-to-gas.

Hydrogène

L’hydrogène est l’élément le plus abondant dans l’univers. Il possède une densité énergétique par kilogramme (33,3 kWh/kg) plus élevée que celle du gaz naturel (13,9 kWh/kg) et du mazout (11,4 kWh/kg). La production d’hydrogène est, par ailleurs, parfois neutre en CO2, ce qui en fait un combustible respectueux du climat. Sur terre, l’hydrogène se présente toujours sous une forme chimique, par exemple dans l’eau, le méthane ou le pétrole brut. Autrement dit, il faut le produire. Ce processus nécessite de l’énergie et peut, dans certains cas, entraîner des émissions de CO2. L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau à partir d’énergies renouvelables, et ce, sans CO2. Dans le réseau de gaz actuel, il est déjà possible d’ajouter jusqu’à 20 % d’hydrogène au gaz naturel ordinaire, ce qui entraîne une réduction immédiate des émissions de CO2.

Les chaudières modernes à condensation au gaz, telles que la Vitodens 200 de dernière génération de Viessmann, acceptent en principe déjà des mélanges de gaz contenant de 20 à 30 % d’hydrogène. Ce type de chaudière constitue donc un investissement durable. Viessmann développe, en parallèle, des appareils de chauffage qui fonctionnent entièrement à l’hydrogène. Par ailleurs, une entreprise de réseau de gaz comme Fluxys a la réelle ambition d’adapter le réseau belge à l’hydrogène, au biogaz et au CO2, comme l’a souligné le CEO Pascal De Buck dans De Tijd.

Mazout

Les biocarburants et les e-carburants ou le power-to-liquid sont des alternatives au mazout à faible teneur en carbone ou neutres en carbone. Source et plus d’informations.

Les biocarburants résultent de la transformation de substances végétales et/ou animales en carburant.

  • Le FAME (Fatty Acid Methyl Ester) est fabriqué à partir d’huiles et de graisses animales et végétales (recyclées) par un processus appelé « transestérification ». On le mélange avec du mazout ordinaire ou on l’utilise pur. C’est un combustible neutre en carbone, car il n’émet pas plus de CO2 lors de la combustion que pour sa production.
  • Les combustibles biomass-to-liquid (BTL) représentent un autre type de biocarburants. Ils sont produits à partir de biomasse, comme la pâte de bois, les déchets végétaux, les huiles végétales ou même les algues. Un processus spécifique permet de convertir cette biomasse en combustibles de haute qualité tels que le mazout, le diesel et l’essence. Ils peuvent être mélangés au mazout ordinaire ou être utilisés seuls, à terme.
  • Le HVO ou Hydrogenated/Hydrotreated Vegetable Oil est un biocarburant synthétique produit grâce au traitement d’huiles ou de graisses végétales à l’hydrogène (contrairement à la transestérification du FAME). Les producteurs utilisent aujourd’hui de plus en plus de déchets et de résidus de graisse issus du secteur alimentaire, de l’industrie du poisson et des abattoirs, ainsi que des huiles végétales impropres à la consommation. Lors de sa combustion, le HVO émet moins de suie et jusqu’à 90 % de CO2 en moins que le mazout. Ce combustible peut être mélangé avec du mazout ou utilisé pur, moyennant une légère modification de la chaudière. Il présente également certains avantages par rapport au FAME, notamment des émissions de NOx plus faibles, une meilleure stabilité au stockage et une meilleure résistance au froid. (Source)

E-fuel ou power-to-liquid

Comme dans le cas du gaz naturel synthétique, les e-fuels sont un moyen de stocker le surplus d’énergie renouvelable sous une autre forme d’énergie, liquide en l’occurrence. L’e-fuel est généré en extrayant du CO2 contenu dans l’air et en le combinant avec de l’hydrogène, lui-même extrait de l’eau par électrolyse (sur la base d’énergie renouvelable). Les substances fusionnent ensuite pour former un hydrocarbure raffiné en un carburant synthétique liquide. En principe, ces e-fuels se prêtent parfaitement aux chaudières à mazout actuelles. Le CO2 libéré lors de la combustion peut être réutilisé dans le processus de production.

Bien que la transition vers un mode de vie respectueux du climat se fasse principalement à l’aide de solutions électriques, des développements dans le domaine des alternatives vertes au gaz et au mazout sont également en cours. Ainsi, même avec une chaudière à condensation moderne de Viessmann, vous êtes prêt pour un avenir plus durable.

Ecrit par Alain Steyaert le 16 février 2021

Vous avez d'autres questions ?